Résumé : La Croisière blanche (juillet-octobre 1934) fut le quatrième raid automobile organisé par André Citroën au Canada à l'initiative de Charles Bedaux.
Charles Bedaux, l’un des précurseurs de l’organisation scientifique du travail, devient consultant de grandes sociétés américaines (Ford, Standard Oil) après avoir publié en 1917 The Bedaux Efficiency Course for Industrial Applicationqui connaît un grand succès. Fortune faite, il ouvre des cabinets en Europe et se consacre aux voyages. En 1929, il traverse l'Afrique d'est en ouest en automobile. Compte-tenu des résultats médiatiques obtenus grâce aux succès de la Croisière noire et de la Croisière jaune, André Citroën est tenté de renouveler un exploit comparable sur le continent américain.
Sur un trajet imaginé par Charles Bedaux, cinq Citroën type P 17 sont lancées dans une traversée du nord-ouest du Canada à partir d’Edmonton, capitale de l’Alberta. L'expédition part d'Edmonton le 6 juillet 1934. Se lançant à l'assaut des Montagnes Rocheuses, elle rencontre très rapidement des difficultés imprévues et insurmontables dues aux pluies diluviennes, aux glissements de terrain et à la boue qui s'ensuit. Le 17 juillet, la Bedaux Sub Arctic Expeditionarrive à Fort Saint-John, dernière localité accessible par la route. Le 11 août, deux des autochenilles sombrent dans le passage de la Halfway river. Le 13 août, le radeau de l’expédition chargé d’une automobile part à la dérive ; les deux autres doivent être abandonnées, l’expédition continue alors à cheval. Début septembre, les zones non cartographiées de la Colombie britannique sont atteintes ; à la fin de ce même mois, Charles Bedaux est contraint d’abandonner l’objectif de Telegraph Creek (sur l’océan Pacifique), les tempêtes de neige et les chevaux malades empêchant toute progression. L’expédition fait alors demi-tour et parvient enfin à rallier Edmonton par la Canadian Pacific Railway le 23 octobre 1934.
Superbement illustré, cet ouvrage retrace l’odyssée des autochenilles dans les montagnes Rocheuses de l’ouest canadien. Même si elle ne connaîtra pas le succès escompté, la Croisière blanche reste une aventure exceptionnelle.
– PRÉFACE : ARIANE AUDOUIN-DUBREUIL