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Résumé : Production majeure de l'art chrétien d'Occident, le retable reflète la piété et traduit la vision du monde de l'âge baroque. Dans le sillage du concile de Trente (1545-63), sa structure monumentale, véritable porte du Ciel, comme son iconographie, illustrent la volonté de l'Église romaine contestée par la Réforme protestante de s'affirmer comme le seul intermédiaire entre Dieu et les hommes. Face à la Genève calviniste, les ducs de Savoie appuient ce vaste mouvement. L'économie du passage, l'émigration marchande et l'activité agropastorale qui font la richesse de ce territoire, contribuent au financement de l'embellissement des églises. La pièce maîtresse de leur ornementation est le retable. Son décor fastueux est destiné à émerveiller les fidèles tout autant qu'à servir de guide de la dévotion. Ces retables sont réalisés par des artisans locaux ou par des sculpteurs et des peintres venus notamment de vallées alpines au nord de l'Italie. S'ils expriment la toute puissance du catholicisme rénové, ils traduisent également, avec une imagination débridée, la religion ancestrale des montagnards avec son cortège de saints protecteurs ou guérisseurs et ses pratiques qui échappent au contrôle de l'Église. 575 retables ont été recensés dans les diocèses de Maurienne et de Tarentaise, dont plus de la moitié est aujourd'hui classée ou inscrite à l'inventaire des Monuments historiques. Ce trésor surprendra plus d'un visiteur, tant par sa qualité artistique que par l'éclairage qu'il apporte sur la manière dont les hommes d'alors concevaient le monde qui les entourait.
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